A Sète, le musée Paul Valéry ouvre ses portes à Agnès Varda. L'artiste propose ici quelques installations déjà présentées ailleurs : les suites de Patatutopia, son projet "pomme de terre" initié en 2003 à la biennale de Venise ; le magnifique mur de vidéos où sont projetés, simultanément, les témoignages des veuves de Noirmoutier, les jeux de plage en plastique multicolore déjà exposés à la fondation Cartier, nimbés dans la musique enfantine de Bernard Lubat. Et puis d'autres oeuvres plus rares, touchantes, dans l'esprit du film Les plages d'Agnès : Ulysse est un court-métrage réalisé en 1982 à partir d'une photo prise vingt-huit ans plus tôt sur une plage de Normandie (un enfant et un hommes nus, une chèvre morte) ; Varda retrouve les protagonistes, les interroge ; les époques se mêlent ; c'est original et profond. Sur le même principe, la Terrasse de le Corbusier est un film conçu à partir d'une photo, prise celle-là dans la cité radieuse de l'architecte, à Marseille.
Varda est agaçante et sincère, juste et joueuse, entre rires et larmes. Après la visite, nous faisons quelques pas dans le cimetière marin où repose Jean
Vilar, que Varda estimait tant, auprès de qui elle a travaillé. La lumière glacée et intense de la Méditerranée nimbe le cimetière. Si vous n'avez
pas le temps, pas l'occasion de vous rendre à Sète, pourquoi ne pas revoir Cléo de 5 à
7 ou Le Bonheur ?