Vendredi 21 août 2009
De Murakami, j'avais lu, déjà, Kafka sur le rivage. Depuis quelques jours, les Chroniques de l'oiseau à ressort font mes délices. Les rêves, le mystère, l'ironie, encore et quelques passages sacrément enlevés. Ici, la description de Noboru Wataya, personnage en vogue de la télévision puis de la politique japonaises. La traduction me semble imparfaite, un peu lourde, mais l'essentiel doit y être  :


" Il avait de l'esprit et du talent, c'était indubitable, je ne pouvais que le reconnaître. En peu de temps, avec des phrases brèves, il mettait son adversaire KO avec une grande efficacité. Il avait aussi une intuition quasi animale pour sentir la direction du vent, mais, en lisant attentivement ce qu'il avait écrit ou en l'écoutant professer ses opinions, il était aisé de se rendre compte que tout cela manquait de consistance. Il ne possédait aucune vision globale de la vie, et manquait de convictions profondes.
Son monde était composé d'un ensemble d'éléments disparates empruntés à des systèmes de pensées superficiels, qu'il changeait et combinait à sa guise selon les besoins du moment. Sa façon de jongler avec différentes idées était si subtile qu'on pouvait presque la qualifier d'artistique. Mais, selon moi, tout ça n'était qu'une simple mascarade. La seule consistance dans ses opinions résidait dans le fait que, justement, elles n'en avaient aucune et, s'il avait eu la moindre vision du monde personnelle, elle aurait justement pu se définir par l'absence totale d'éléments constitutifs d'une vision du monde véritable. Il avait cependant fait de ces défauts sa richesse intellectuelle. La stratégie d'intelligence mobile des médias qui divisaient le temps en tranches brèves ne nécessitait aucune philosophie consistante et solide et le grand mérite de Noboru Wataya était de ne pas s'être encombré de ce genre de fardeau.
"




Haruki Murakami, Chroniques de l'oiseau à ressort, Points Seuil
Par Mesengouements
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Mardi 11 août 2009
Sur mon bureau, ce matin, à côté d'une tasse de café, j'ai posé Les Disparus, de Daniel Mendelsohn. Ce grand et gros livre m'a accompagné plusieurs semaines, au gré des reprises et des abandons. Je l'ai refermé il y a quelques jours, ébahi.

A sa façon, Les Disparus est un récit de voyages. Le narrateur - américain, juif - veut savoir comment une partie sa famille a été assassinée par les nazis, au début des années 1940, en Pologne orientale, plus précisément en Galicie, au carrefour de la Pologne et de l'Ukraine. Daniel Mendelsohn mène l'enquête, cherche des lieux, des traces et surtout des survivants. Il voyage, donc, et sur plusieurs continents, va recueillir la parole de quelques vieillards bouleversants, ceux qui - de près ou de loin - ont connu le grand-oncle Shmiel et les siens.

Je pourrais vous parler longuement des Disparus. D'autres l'ont fait mieux que moi :
Assouline, sur son blog, ou Daniel Mendelsohn lui-même, par exemple dans cette interview au magazine Lire. Qu'il me suffise, donc, de vous dire l'essentiel : Les Disparus est un livre magnifique. Terrifiant, quand il décrit les persécutions, puis l'extermination. Eblouissant - et drôle, souvent - quand il recrée la vie quotidienne dans le petit village de Bolechow vers 1940. Etre juif, en Europe de l'est, dans ces années là. Le bonheur d'un monde qui a disparu, et sa perte irrémédiable.

Irrémédiable ? Pas totalement, puisque la littérature peut en sauver quelques récits, quelques bribes. Mendelsohn mêle les souvenirs, les témoignages, les digressions, les descriptions. Il se perd et nous perd. J'imagine que certains lecteurs s'en lassent rapidement. Beaucoup restent fascinés, comme l'était le jeune Daniel, enfant, lorsque son grand-père se mettait à raconter : "L'une après l'autre, les boîtes chinoises s'ouvraient, et je restais assis à contempler chacune d'elles, hypnotisé".

Dans Les Disparus, Proust est partout. J'imagine que Modiano aime Mendelsohn. Perec, à coup sûr, aurait été touché.

Les Disparus, de Daniel Mendelsohn, J'ai lu. 
 

Par Mesengouements
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Mercredi 5 août 2009
Toute une carrière dans la discrétion, ou presque.

L'autre jour, dans son excellente émission sur France Culture, Chanson Boum, Héléne Hazéra ouvrait son micro à la trop rare Michèle Bernard, pour un programme consacré au poète Jacques Reda.

L'occasion, ici, de (ré)entendre Je t'aime, une des plus belles chansons de Michèle Bernard :





Le blog de Michèle Bernard est ici.

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Lundi 3 août 2009

Jeux de pouvoir n'est sûrement pas le meilleur film de l'année, peut-être pas le meilleur film de l'été, et pourtant, dans son genre, il est remarquable.

Un journaliste enquête sur la mort suspecte d'une assistante parlementaire. Ses investigations le mènent au coeur du pouvoir, au risque de sa vie. 
Sur le papier, tout semble rebattu, éculé : L'idéal politique gangréné par les marchands d'armes et les intérêts privés, le héros solitaire et désabusé face à un système qui le dépasse. Tout cela est vu, revu, presque aussi vieux que le cinéma américain.

Pourquoi, alors, Jeux de pouvoir sort-il du lot ? Parce que son réalisateur, Kevin MacDonald, maîtrise sur le bout des doigts scènes d'action et film de genre. Parce que les Américains (désolé de cette banalité) excellent dans ce type de cinéma. Parce que les acteurs y sont parfaits : Helen Mirren en patronne d'un journal en crise, la très jolie Rachel McAdams (Wedding Crashers) en jeune journaliste ambitieuse et naÏve, et surtout Russell Crowe, encore une fois métamorphosé, qui donne au héros une épaisseur considérable. Un archétype et en même temps tout son contraire.




Par Mesengouements
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Dimanche 12 juillet 2009
L'an dernier, déjà, j'avais sélectionné quelques chansons pour notre été. Les revoici, auxquelles j'ai ajouté d'autres titres. L'été, les vacances (ou pas), la chaleur (ou pas), le bonheur (ou pas). L'été est mélodique, parfois mélodieux.





Par Mesengouements
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