Un soir, rue des Thermopyles, je suis tombé en arrêt devant une saillie murale de la fameuse Miss Tic. Une femme, un glaive et ces mots :
Dépasser le passé, toute une histoire.
Les Parisiens connaissent bien Miss Tic. Ses premiers pochoirs datent de 1985. A chaque fois, quelques mots et jeux de mots inspirés, jetés sur un mur. Des dessins, aussi, souvent
des femmes. La plupart du temps, ça parle d'amour et de sexe.
J'aime particulièrement :
Regarde la réalité en farce
Belle et rebelle
Tes faims de
moi sont difficiles
Je donne à profusion / Je prête à confusion
Eros est rosse
Je suis la voyelle du mot voyou
Depuis ses premiers pochoirs, Miss Tic est devenue célèbre. Ses oeuvres valent cher. Et l'artiste inspirée descend moins dans la rue, hélas. Son site est ici.
Par Mesengouements
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Vendredi 5 septembre 2008
Le nouveau film des frères Dardenne est magnifique.
Dès la première image, un gros plan sur une liasse de billets, et nous sommes sur les pas de Lorna. Thèmes connus chez les Dardenne : l'argent omniprésent, tout a un prix, même les corps -
surtout les corps. L'enfant, le prolongement de soi et de l'autre. L'acceptation, jusqu'à un certain point. Le refus. La fuite.
Mais il y a, dans Le silence de Lorna, une touche nouvelle : l'usage de l'ellipse - scénario impressionnant - et une caméra plus sereine. Les "mouvements
formels" épousent mieux encore les "mouvements moraux" des personnages. Cette adéquation sans cesse recherchée, Luc Dardenne l'exprime bien dans le beau livre qu'il a publié il
y a quelques années : Au dos de nos images.
Et puis, les comédiens. Arta Dobroshi, force fragile. Et les bien connus : Jérémie Renier, qui incarne ici le mari de Lorna, drogué. Il est exceptionnel.
Olivier Gourmet, son intensité sobre, même dans un petit rôle de flic. C'est émouvant, à force : ces acteurs et leurs personnages de film en film ;
on les retrouve depuis près de quinze ans, depuis La Promesse. Le monde n'est pas devenu moins brutal. Eux, ils ont vieilli.
Un autre écho, inattendu, dans Le silence de Lorna : Vivre sa vie, de Godard. Ce film, je l'évoquais l'autre jour. Lorna, comme Nana : silencieuse, déterminée, toujours à deux pas de mourir.
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