Samedi 12 juillet 2008

Vous avez encore quelques jours pour voir ou revoir les oeuvres de Camille Claudel au musée Rodin, à Paris.

Quelques petites pièces peu connues, des plâtres, des ébauches. 
Des oeuvres qui mêlent le bronze et l'onyx - La Vague, qui plaît tant à AL.
Le poignant Clotho. Les différentes versions de La Valse, dont les danseurs ont des doigts immenses, démesurés. Comme chez Bonnard, cette disproportion dans les détails renforce la cohérence de l'ensemble, la vérité des corps. L'écho de Bonnard, encore, dans la Femme accroupie, en plâtre.

Les oeuvres les plus connues, aussi, comme le magnifique Age mur, où tout semble jaillir du bronze pour y retourner. 

 

Par Mesengouements
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Mercredi 9 juillet 2008

En ces jours de progrès social, l'envie de vous faire écouter Ma Môme, de Jean Ferrat, ici dans le film de Godard, Vivre sa vie. Et en prime, le visage d'Anna Karina.





Par Mesengouements
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Lundi 7 juillet 2008
La revue XXI vient de sortir son troisième numéro. Les reportages sont passionnants.

A Toulouse, Sylvie Caster a passé du temps avec quelques moines exceptionnels. Une fois par mois, ces douze Franciscains se réunissent place du Capitole pour former un cercle de silence. "Immobiles, recueillis", ils gardent le silence "une heure durant pour dénoncer l'enfermement des sans-papiers dans les centres de rétention". Au début, les passants étaient intrigués. Aujourd'hui, chaque mois, deux cents personnes les accompagnent, en silence.
Le préfet a proposé aux moines de visiter le centre de rétention de Cornebarrieu qui a remplacé celui des Minimes. Mais "à quoi cela nous servirait de visiter le centre ? Nous savons qu'il est plus nickel que les Minimes. Que c'est à peu près confortable. Matériellement, c'est sans doute aux normes. Mais ce n'est pas aux normes de la dignité humaine. Nous n'avons pas de temps à perdre. Nous faisons confiance aux associations qui travaillent sur le terrain. Nous sommes contre la rétention".

D'autres enquêtes remarquables, encore, dans XXI : Coiffure pour dames, un reportage photo de Fabrice Guyot dans de vieux salons de l'est parisien ; la coquetterie et l'élégance de ces vieilles femmes. Putain de guerre, le récit stupéfiant de Patrice Claude dans les rues de Bagdad ; la capitale irakienne est une nébuleuse de camps retranchés ; il faut le voir pour le croire et là, on le voit. L'histoire vraie de "Survivre avec les loups" ; Maria Malagardis enquête sur cette supercherie et, au-delà, sur le business du témoignage. Ma petite entreprise dans un bidonville, la bande dessinée de Cmax, dans le plus grand bidonville d'Asie, à Bombay.

XXI est vendu en librairie, au prix de 15 euros.
Par Mesengouements
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Mercredi 2 juillet 2008

Les journées de vraie chaleur, encore, et cette chanson de Nougaro tellement liée au soleil de l'enfance.




Par Mesengouements
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Lundi 30 juin 2008
J'ai lu, enfin, le Journal d'Hélène Berr, ce texte sorti de l'ombre plus de soixante ans après la disparition de son auteur.

En 1942, Hélène Berr a vingt-et-un ans. Elle étudie l'anglais à la Sorbonne, elle prépare l'agregation, elle est jolie. Elle tombe amoureuse, réfléchit à ce que sera sa vie et l'écrit, page après page. Journal intime, ponctué par les larmes et les rires de la jeunesse. Mais Hélène Berr est juive.
 
Vient l'étoile jaune. Le 4 juin, Hélène hésite :  porter cet insigne, ou pas ? "A ce moment là, j'étais décidée à ne pas le porter. Je considérais cela comme une infamie et une preuve d'obéissance aux lois allemandes. Ce soir, tout a changé à nouveau : je trouve que c'est une lâcheté de ne pas le faire, vis-à-vis de ceux qui le feront. Seulement, si je le porte, je veux être toujours très élégante et très digne, pour que les gens voient ce que c'est. Je veux faire la chose la plus courageuse. Ce soir, je crois que c'est de le porter".

Ainsi, le Journal d'Hélène Berr. Une profondeur, une lucidité, un courage stupéfiants. Les persécutions, les déportations sont décrites pas à pas, avec leur cortège de misères et de lâchetés. Et en même temps, Hélène prend la mesure des vraies amitiés, des liens qui demeurent : "Il y a du beau mêlé au tragique, écrit-elle. Une espèce de resserrement de la beauté au coeur de la laideur. C'est très étrange".

La laideur l'emporte. Le 13 janvier 1944 : "Je rentre ce soir, écrasée par la pleine conscience de la réalité. Il y a des moments où je prends pleinement conscience et alors il me semble que je me débats dans un océan sous un ciel noir, sans une lueur". Hélène Berr est déportée. Elle meurt à Bergen Belsen, au mois d'avril 1945, quelques jours avant la libération du camp.

Patrick Modiano signe la préface de ce texte admirable : "Au seuil de ce livre, il faut se taire maintenant, écouter la voix d'Hélène et marcher à ses côtés. Une voix et une présence qui nous accompagneront toute notre vie".

Hélène Berr, Journal, Tallandier.

Par Mesengouements
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