Y a-t-il des morts plus stupides que d'autres ?
Esbjörn Svensson s'est tué ce week-end dans un accident de plongée, à Stockholm.
Le pianiste suédois avait 44 ans. Avec le batteur Magnus Oström et le bassiste Dan Berglund, il formait le trio E.S.T. Ensemble, ils avaient inventé un jazz
aérien. Je me souviens d'un beau concert à la Cigale, à Paris.
Par Mesengouements
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Déjà, Chiara Mastroianni avait imprimé la pellicule. Téchiné, Ruiz.
Plus récemment, la soeur inconsolable chez Christophe Honoré. Et puis la voix de la narratrice dans Persepolis de Marjane Satrapi. Une belle présence, à chaque fois.
Mais il manquait un regard, un révélateur. Comme on révèle la pellicule, justement. Pour Chiara Mastroianni, le révélateur s'appelle Arnaud Desplechin.
Dans Un conte de Noël, Chiara Mastroianni est la belle-fille de Junon (sa mère, Catherine Deneuve). Au fur et à mesure que le film se déroule, son personnage,
secondaire, devient plus dense, plus profond. Jusqu'à la découverte du rôle qu'elle a joué pour les deux fils de Junon et leur cousin (Laurent Capelluto, Melvil Poupaud,
Mathieu Amalric, remarquables, chacun dans une tonalité différente). Une séquence dans une cuisine, la nuit. Une autre dans un bar. Une troisième dans une chambre. En peu de mots,
Chiara Mastroianni sait incarner un regret, un espoir, un regain.
Ce Conte de Noël, je pourrais vous en parler longtemps.
Parce qu'il m'a irrité d'abord : trop brillant, trop intelligent, trop lourdement symbolique (la mythologie, la mort, etc), trop complaisant.
Et parce qu'il m'a emporté ensuite. Desplechin fait mine de nous donner toutes les clés - la psychanalyse jusqu'à plus soif - et finalement ne nous en donne (presque) aucune. Il nous laisse face au
mystère de ses personnages.
L'autre jour, à propos de ce film, Michel Ciment évoquait Renoir et La Règle du jeu : un "drame gai". Il a raison. Le Conte de Noël rappelle aussi
bien la partie de chasse que la fête au chateau. Le rire et le drame ne se succèdent pas. Ils ne font qu'un.
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Instants suspendus à la radio, l'oreille collée au poste... Pendant que la télé déverse quelques débilités, sur France Inter Zoé
Varier nous raconte une histoire vertigineuse. Celle du musicien Jérôme Mege et de son maître, le grand violoniste François Capoulade. L'histoire d'une
enfance musicale hors du monde. Le récit d'une transmission et d'une passion jusqu'à l'effacement de soi.
Dans Nous autres, Zoé Varier écoute, relance, s'arrête. Son empathie est fabuleuse. Minute après minute, le violon accompagne les confidences de Jérôme Mege. Belle radio !
Ecoutez, ici, les deux volets de cette émission.
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Publié dans : mes engouements
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