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Je vous salue ! Ici, vous trouverez mes engouements, grands ou petits, éphémères ou durables. A vous de jouer, en laissant votre commentaire ou en m'écrivant directement (à l'adresse : engouements(arobase)yahoo.fr) A bientôt...

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La nuit nous appartient

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A l'avant-première du nouveau film de James Gray, We own the night. Un film noir. Une tragédie familiale sur le mode antique, à New York, à la fin des années 1980. 

Bobby gère une boite de nuit en vogue tenue par des Russes. Il est le mouton noir de sa famille, aux antipodes de son père et de son frère, deux figures de la police new-yorkaise. La découverte d'un énorme trafic de drogue scelle le destin tragique de ces trois personnages.

Les acteurs, d'abord : Joaquin Phoenix (dans le rôle de Bobby), Eva Mendes (sa compagne) - tous deux ci-dessus- Mark Wahlberg (le frère), Robert Duvall (le père) sont excellents. Ils donnent chair à des archetypes. Nous les suivons dans leur course à la fois effrénée et lasse pour échapper au destin. 

La réalisation, ensuite. Elle est au diapason. Les scènes d'action sont soignées, filmées de manière inventive (la scène de poursuite en voiture est un modèle) et les séquences intimes, douces, le sont à part égale. James Gray s'appuie sans vergogne sur les fondements de la tragédie (le père, les deux fils - et toutes les variations possibles sur ce thème) et il en tire pourtant un film neuf. Moderne et jamais clinquant. Ni clin d'oeil, ni tape-à-l'oeil. 

La nuit nous appartient sort le 28 novembre. 

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N
Salut les cinéphiles !J'ai vu We own the nighy et ai beaucoup apprécié aussi.Dans la première partie, il faut bien installer les codes du film de genre et je n'ai perçu, éventuellement, les archétypes dans la première partie et non pas des clichés... !L'ambivalence des personnages se fait jour dans la deuxième partie du film et là, je suis d'accord avec Larry !, celui qui à vu un film de bons et de méchants...a un petit problème de lecture !Les deux personnages les moins affiliés aux clans qui s'affrontent sur fond de pègre, Jumbo et Amada, finissent par trahir et abandonner le pauvre héros, si seul, en fin de compte....Je trouve que le réalisateur-metteur en scène à au contraire éviter les plus gros clichés Scorsésiens...Il ne me reste plus que 10 films à voir....je veux parler des "nouveautés" !
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L
Une petite tentative pour laisser un commentaire, en espérant que la machine infernale n'avalera pas ces quelques mots visant à abonder dans le sens du commentaire de Jean, et à proposer les quelques réflexions du cinéphile américanophile que je ne peux m'empêcher d'être. La grandeur du cinéma américain, quand il n'invente pas des formes ou n'est pas ouvertement en rupture (ce qui a produit des oeuvres immenses, à n'en pas douter), a toujours été de remettre sur le métier récits archétypiques et structures mythiques, en les accommodant au terroir et à ses spécificités. Cela est particulièrement vrai du western et du film criminel (film noir, de gangsters, de mafia,et al.), les deux genres par excellence du cinéma américain, qui lui ont permis de se réinventer sans cesse tout en apportant aux spectateurs le plaisir du récit solidement charpenté et celui de la reconnaissance (thèmes, personnages, figures, traits stylistiques, etc.). James Gray le dit lui-même, là où certains ne voient que des clichés, il voit des archétypes, et ce ne sont pas ses sources bibliques et shakespeariennes évidentes qui feront quoi que ce soit pour le contredire. Qu'est-ce qui fait la différence alors avec tous ces films qui s'évertuent à faire dans le mythique et ne produisent que des formules sans vie et grandiloquentes? Qu'est-ce qui fait qu'un film comme celui-là nous semble remarquable, voire exceptionnel, alors même qu'il comporte quelques invraisemblances, petites faiblesses et lourdeurs? C'est sans doute que Gray comprend le genre et ses fondements, ce qui le constitue et ce qui le sous-tend, mais également qu'il ressent profondément la matière qu'il pétrit. Comme l'ont montré Little Odessa et The Yards avant We Own the Night, la famille désunie, la trahison et le sentiment de la perte sont au coeur de ce que Gray a à montrer. Certains disent d'ailleurs qu'il fait toujours le même film, d'autres qu'il a tout dit dans son premier, et de telle façon que les deux autres ne sont que des dégradations de ce premier coup de maître. La densité et l'épure tragiques de Little Odessa font qu'on peut effectivement le préférer aux deux autres, mais il me semble que les deux assertions précédentes sont fausses. Il n'y a pas à vrai dire de redite, dans le sens où les mêmes éléments sont rebattus, mêlés à d'autre, et mis en valeur différemment par une forme adaptée. Il est frappant de constater que We Own the Night, en dépit de ses quelques morceaux de bravoure, bénéficie d'un style peu tapageur, et beaucoup moins pictural que The Yards. C'est que Gray semble avoir voulu mettre en avant avant tout le développement de son récit et de ses personnages, sans les parasiter par une forme trop voyante. Dernier point sur lequel mon désaccord avec certains spectateurs et critiques autorisés à penser comme il faut - les critiques de Tout arrive sur France Culture par exemple - est total (ne lisez pas la suite si vous n'avez pas encore vu le film et comptez y aller, ce à quoi je vous engage comme vous l'aurez compris): le dénouement. Le film a été sifflé à Cannes par certains pour cette raison, Gray montrant selon eux que tout est pour le mieux lorsque la brebis galeuse rentre au bercail, le film sanctifiant à la fin le retour à l'ordre, à la loi du père, à la morale. Le film serait donc familialiste et patriotique, et au service d'une glorification de la police. Cette vision des choses me semble malhonnête. Elle fait peu de cas du sentiment de perte rendu très explicite dans les derniers plans par le cinéaste. Plus encore, elle semble ignorer que dans une fiction, un auteur peut ne pas avoir de message à faire passer, qu'il ne se confond par ailleurs pas forcément avec ses personnages, qu'il peut être à la fois à l'intérieur et à l'extérieur, que son refus de juger peut s'accompagner d'empathie et d'ironie dans le même mouvement. La dernière scène, osée tellement elle est sur la corde raide, est ambivalente plus qu'ambiguë. Certes, le mouton noir a été blanchi, et son frère peut lui exprimer son amour, mais le prix payé par tous les personnages fait que lorsque le "Amen" final retentit, ce qui est sanctifié est autant une union qu'une déréliction, et que le retour à la loi des pères se fait sous le signe d'une tristesse fondamentale. Une fin admirable pour un film qui ne l'est pas moins, bien loin de l'idéologie nauséabonde qu'on voudrait lui prêter.
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M
Entièrement d'accord !Ce que tu dis sur Gray : "là où certains ne voient que des clichés, il voit des archétypes" - c'est exactement ça. Ce que tu dis aussi sur "la matière qu'il pétrit" parce qu'il la "ressent profondément". Ce que tu analyses également dans la fin du film. Les spectateurs qui y voient un "happy end" social bien-pensant ne comprennent rien à rien.