Quelques très beaux passages dans le dernier roman de Colum McCann. Zoli est l'histoire d'une poétesse tzigane dans la Slovaquie de l'après-guerre. Zoli est célébrée, puis trahie (vous verrez comment...), pourchassée par le pouvoir, bannie par les siens.
L'écrivain irlandais nous entraîne dans un récit un peu long à mon goût, moins captivant sur la durée que ses autres romans, mais il excelle, comme toujours, dans les passages où l'expression des sensations, du désir ou de la douleur, se mêle aux souvenirs. Par exemple quand Stephen, le narrateur, retrouve Zoli :
"Elle a souri et elle ressemblait alors à la jeune Zoli que j'avais rencontrée quelques années plus tôt à l'atelier. Ses épaules légères, ce visage radieux, cette chaleur qui émanait d'elle. Elle s'est avancée vers moi, elle a posé ma main sur sa hanche. Le dos contre un arbre, nos pieds qui glissaient sur les feuilles, le cheveux qui lui barraient le visage. Elle paraissait anéantie.
Il y a des moments vers lesquels on revient toujours, nous vivons en eux, nous y sommes et après il n'y a plus rien."
Zoli, de Colum McCann, traduit de l'anglais par Jean-Luc Piningre, Editions de Noyelles.