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L'écrivain israélien, militant de la paix avec les Palestiniens, a perdu son fils à la fin de la dernière guerre du Liban, en août 2006. A l'époque, il a écrit, sur la perte de ce fils, un texte bouleversant. Aujourd'hui, il continue à écrire, malgré tout. Et à militer, malgré tout.
Le Point a eu la bonne idée de l'interviewer, à quelques jours de l'inauguration du Salon du livre, dont Israël est l'invité d'honneur. Dans cet entretien, David Grossman apparaît à la fois inquiet et déterminé. Il critique l'acharnement guerrier de son pays. Il dénonce l'attitude du Hamas à Gaza. Mais il persiste à penser que le processus de paix ira jusqu'au bout : "Les Palestiniens sont désespérés mais lucides sur la nécessité d'une paix négociée. Nous n'avons plus le luxe du désespoir. Nous plaçons nos espoirs dans la fatigue du conflit qui unit désormais comme ciment amis et ennemis".
Grossman m'intéresse aussi dans sa définition du roman, de la fiction, comme un moteur de la réalité, aussi brutale soit-elle : "Le romanesque évite la dialectique de l'ennemi, la catégorisation outrancière, le caprice de l'instant".
Quand Le Point interroge l'auteur israélien : "De quoi parle ce roman auquel vous vous consacrez ? ", voila ce qu'il répond :
"Ce que je puis en dire, c'est qu'il entrelace les événements tragiques de ma vie privée, je veux parler de la mort de mon fils, et que c'est la première fois que je constate à quel point la perte que nous avons subie trouve sa place. Tout ce que nous avons souffert prend sinon un sens, du moins la possibilité d'un sens. J'ai découvert que les livres sont l'unique lieu du monde où les choses et leur perte peuvent cohabiter".