Je vous salue ! Ici, vous trouverez mes engouements, grands ou petits, éphémères ou durables. A vous de jouer, en laissant votre commentaire ou en m'écrivant directement (à l'adresse : engouements(arobase)yahoo.fr) A bientôt...
Je viens de voir Bamako, le nouveau film d'Abderrahmane Sissako : dans la cour d'une maison de Bamako, un tribunal s'est constitué. Un vrai tribunal, avec ses juges, la défense et la partie civile. Au banc des accusés, la Banque mondiale et les institutions financières internationales ; elles sont jugées pour leur responsabilité dans les maux dont souffre l'Afrique : l'étranglement par la dette, le recul des quelques services publics, etc.
Bamako est l'archétype du film didactique. Sissako veut nous convaincre. Il y met les moyens : la parole des témoins -des citoyens maliens qui se sentent dépossédés- est forte, leur silence l'est encore plus ; les avocats sont véhéments. Cette dramaturgie sans concession et sans fard pourrait être insupportable, pesante.Mais ça passe ! D'abord, car Sissako assume jusqu'au bout son parti pris de mise en scène. Son "procès" n'est pas métaphorique, il est incarné : la cour siège donc... dans la cour. Autour des magistrats, des avocats et du public, la vie continue ; les femmes travaillent ; les animaux déambulent. Ensuite, car ces bribes de vie autour du procès sont poignantes, aussi tangibles que le procès lui-même peut sembler artificiel. Le réalisateur mêle à chaque instant -avec une quasi unité de lieu- les arguties théoriques (les débats devant les juges) et la réalité de la vie à Bamako. Et puis les images de Sissako sont magnifiques : les plans sont très travaillés (les lumières, les couleurs...) mais sans afféteries. Beau fond, belle forme.