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J'ai vu deux films de Jérôme Bonnell : son premier long-métrage, Le Chignon d'Olga, il y a cinq ans, et son tout nouveau J'attends quelqu'un, sorti la semaine dernière. C'est un vrai beau film.
Difficile de raconter le cinéma de Bonnell, sauf à être banal : plusieurs personnages réunis par un même lieu (ici, un quartier dans une petite ville d'Ile de France) et l'entrelacs des sentiments. Le désir, la fin du désir, son retour, une déchirure invisible et intense, une honte, un regret, une perte impossible à combler. Bonnell filme intensément les visages, les regards. Il est grave sans être lourd, et souvent très drôle. Ses acteurs sont saisissants. Hier, dans Le chignon d'Olga, c'était Serge Riaboukine, Nathalie Boutefeu, Florence Loiret Caille. Là, c'est Florence Loiret Caille encore, et aussi Emmanuelle Devos et Jean-Pierre Darroussin. Eric Caravaca, également, excellent dans le contrepoint comique. Voilà peut-être ce qui me touche le plus dans ces films : Bonnell parvient à faire évoluer les acteurs dans une grande liberté, semble-t-il, à la limite du flottement mais sans jamais les laisser cabotiner. Sa caméra les imprime, elle les les suit, les absorbe au-delà de leur jeu. Elle exprime toute la délicatesse des personnages et de ceux qui les incarnent.