En tout cas, c'est l'avis de Tzvetan Todorov, dont je viens de lire un essai réjouissant. L'ancien pape - ou du moins l'un des cardinaux !- de la critique structuraliste fait (presque) son mea culpa. Il dénonce la vaste entreprise de dessechement des oeuvres, cette propension des théoriciens de la littérature, et des enseignants qui les suivent, à explorer l'oeuvre pour elle-même, hors du monde. Jusqu'à l'absurde. Les élèves et les étudiants étudient parfois les textes hors de tout contexte. On les gave de concepts (Ah, les "schémas narratifs ! Ah, les "situations d'énonciation" !), au lieu de les nourrir de littérature et de leur apprendre, ainsi, à "mieux vivre".
"A l'école, résume Todorov, on n'apprend pas de quoi parlent les oeuvres, mais de quoi parlent les critiques". De quoi provoquer le dégoût chez l'élève le plus enthousiaste...
Tzvetan Todorov, La littérature en péril, Flammarion.