Je vous salue ! Ici, vous trouverez mes engouements, grands ou petits, éphémères ou durables. A vous de jouer, en laissant votre commentaire ou en m'écrivant directement (à l'adresse : engouements(arobase)yahoo.fr) A bientôt...
Ce mardi soir, au théâtre des Champs-Elysées, Ahmad Jamal est venu en ami. Acclamé dès son entrée en scène, le pianiste adresse un signe au public, s'assied -pas de temps mort, aucun commentaire -, se tourne vers ses deux comparses, le génial batteur Idriss Muhammad et le contrebassiste James Cammack. Puis il s'envole. Pendant une heure et demi, Ahmad Jamal fait corps avec son piano et avec les musiciens qui l'accompagnent. Entre eux, l'accord est total. Jamal écoute Cammack et Muhammad, il les encourage, tempère une envolée, applaudit un solo, sourit comme un gosse quand le son est beau. L'oeil et l'oreille. En un instant, la ballade devient festive, rythmée, joyeuse, puis soudain c'est presque le silence ; seul résonne le pied de Jamal qui bat la mesure sur scène. Puis la batterie s'éveille, avec une douceur qu'on n'aurait jamais soupçonnée, elle prend de l'ampleur -mais sans faire de bruit- la contrebasse la rejoint, et le piano repart de plus belle, comme une évidence. Le trio est un art. Ahmad Jamal a 76 ans. Il est une star. Mais il est venu en ami, avec ses amis. Et juste pour la musique.