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Lady Chatterley a fait un tabac aux Césars : meilleur film, meilleure actrice, meilleure adaptation, meilleure photo, meilleurs costumes.
Je bois du petit lait, car Lady Chatterley devrait connaître une nouvelle carrière dans les salles ; malgré des critiques dithyrambiques, seules 200 000 personnes l’ont vu jusqu'à aujourd'hui.
Ce film a sa géographie (une nature à la fois vécue et rêvée) et son tempo ; pour certains, il est même un peu trop long. Je ne suis pas d'accord : Pascale Ferran prend son temps, certes, mais pour mieux nous entraîner, comme Lady Chatterley et l’homme des bois s’entraînent mutuellement, dans le désir et dans l’amour. Lady Chatterley est un film innervé, à la fois un corps qui vibre et un cœur qui bat. Marina Hands, qui incarne l'héroïne, est lumineuse : d'abord fragile, sa Lady Chatterley devient force, désir, volonté.
Lors de la cérémonie, samedi, Pascale Ferran a pris la parole. Avec vigueur, avec précision, elle a défendu sa vision du cinéma, la nôtre. Elle a pourfendu le système de financement actuel "qui aboutit d'un côté à des films de plus en plus riches et de l'autre à des films extrêmement pauvres". "Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, ajoutait-elle, ce qu'on appelait les films du milieu -justement parce qu'ils n'étaient ni très riches, ni très pauvres - étaient (pourtant) une sorte de marque de fabrique de ce que le cinéma français produisait de meilleur... Ici, comme ailleurs, la violence économique commence par tirer vers le bas le goût du public puis cherche à nous opposer. Elle n'est pas loin d'y arriver".
Ce texte est juste, percutant. Le Monde le publie en intégralité :
Et puis, pour ceux qui auraient décidé de découvrir tous les films de Pascale Ferran (et qui les ignoreraient), je vous renvoie à mon texte publié il y a quelques mois à propos de L'Age des possibles :