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Au milieu des grosses productions de l'hiver s'est glissé un film imparfait, maladroit et juste. L'année suivante est le premier long-métrage d'Isabelle Czajka. Il raconte la vie d'une adolescente dans l'année de ses dix-sept ans, dans l'année surtout qui suit la mort de son père. Emmanuelle (Anaïs Demoustier, précise, sans effusion) et sa mère(la formidable Ariane Ascaride) s'épanouissent mal au milieu du centre commercial. La société de consommation vient tout dévorer : le deuil et même le deuil politique (belle séquence à la fête de l'humanité).
Isabelle Czajka montre le chagrin et l'ennui sans complaisance. Même si son film est trop long, elle fait mouche, non seulement dans plusieurs séquences, mais dans le climat qu'elle instaure au fur et à mesure, ce "sacré manque d'amour qui creuse" que Souchon chantait il y a trente ans. N'attendez pas un film coup de poing. L'année suivante est tout le contraire. C'est sa limite et sa qualité.