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Le dernier film de Barbet Schroeder est passionnant. Il dessine - ou tente de dessiner - un portrait de Jacques Vergès, l'avocat des accusés les plus indéfendables - et notamment de terroristes réputés.
Il y a d'abord la personnalité de Vergès, trouble, captivante, brillante et surtout odieuse. L'avocat s'est longuement confié à la caméra de Schroeder. Il conserve une grande part de ses secrets, mais livre quelques clefs qui permettent de mieux comprendre l'essentiel : l'itinéraire qui le conduit de la lutte anticoloniale, en Algérie, dans les années 1950, à la défense du terroriste Carlos, dans les années 1990.
C'est là, surtout, l'intérêt du film : quelques figures du terrorisme, dont Anis Nacache et Carlos lui-même, et quelques repentis, comme Hans Joachim Klein, viennent apporter leur vision de l'histoire. Au fil du documentaire apparaît la dérive, très rapide, de quelques combats idéologiques nés dans les années 1950 et 1960. Leur dévoiement mercantile et/ou psychiatrique. Au passage, la liste des attentats s'allonge. On compte les morts.
Jamais, le film de Barbet Schroeder n'apparaît comme une apologie de Jacques Vergès et de ses causes. Jamais, non plus, il n'apparaît comme un réquisitoire, figé dans sa pose moralisante. Les faits, la force des témoignages et des rappels historiques suffisent pour être éloquents. L'avocat de la terreur est un grand documentaire sur le terrorisme.